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La Reine de Madrid Concepcion
Ledesma (au centre) avec ses deux demoiselles d'honneur, Louise
Mungira et Mathilde Gomez, en partance pour Paris en 1906 Photo
l'Illustration, 17 mars 1906 |
À Paris, le Boeuf Gras est la vedette des Jours Gras qui se terminent
le Mardi Gras. L'autre temps fort du Carnaval de Paris, à mi-chemin entre
Mardi Gras et Pâques, est le Jeudi de la Mi-Carême. Les vedettes de
la Mi-Carême sont des femmes : les Reines de la Mi-Carême.
À partir du XVIIIème siècle à Paris, ces Reines sont des
blanchisseuses. On les appelle aussi Reines des Lavoirs ou
Reines des blanchisseuses.
Elles paraissent avoir formé un cortège central durant une partie
du XIXème siècle. Ce cortège se défait ensuite en cortèges locaux.
Il se regroupe à nouveau à partir de la Mi-Carême 1891, à l'initiative de
la Chambre Syndicale des Maîtres de Lavoirs de Paris et du département de
la Seine (fondé en 1870), dont le siège était rue de Bondy, et le
président alors, Monsieur Morel, auquel succédera ensuite Monsieur Henri
Semichon.
Vers 1895, les Reines élues des Marchés et des Halles paraissent ravir
la vedette aux blanchisseuses.
D'après certains, c'est le prestige considérable des Reines parisiennes
qui amena l'élection de Reines dans d'autres villes, y compris hors de
France.
Ce qui en tous cas est sûr, c'est que c'est en 1902 que le très grand
et célèbre marché de Porta Palazzo, à Turin, élit sa première Reine :
Margherita Rosa. La Reine de Porta Palazzo fut baptisée vers cette époque
Reginetta palatina, en référence à la Porta Palatina, porte
antique romaine bien conservée, et située pas loin du marché.
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Ruzena Brazova, Reine Tchèque Le Petit Journal, 2 mars 1910 |
L'arrivée à Turin d'une Reine parisienne
(à gauche) reçue par la Reginetta Palatina Rosina Ferro-Pia (à droite)
et sa Cour, en Septembre 1904 Le Petit Journal, 18 septembre 1904
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En septembre 1904, à l'initiative de la rédaction de la revue turinoise
Il Fischietto (le Sifflet), les Reines de Paris furent invitées aux
grandes fêtes du marché de Porta Palazzo (bien que costumées, ces fêtes
avaient lieu en dehors de la période du Carnaval).
Porta Palazzo 1904 : ce fut le début de la période internationale du
Carnaval de Paris. Elle allait durer dix ans.
En 1905, les Reines de Paris furent invitées au Carnaval de Milan.
Pour la Mi-Carême 1905, arriva à Paris une grande délégation
italienne : 200 Piémontais et 100 Lombards avec la Reine de
Turin (Reine du Marché de Porta Palazzo) et la Reine des marchés de
Milan.
Le char des Reines italiennes Rosina Ferro-Pia et Maria Nulli, avec le
reste du cortège 1905 à Paris, fut rejoint sur la place de la Concorde, et
escorté ensuite par la cavalerie de Buffalo Bill (sa troupe était arrivée
la veille à Paris).
En 1906, trois Reines arrivent à Paris à la tête de délégations :
italienne, avec la Reine des Commerces de Rome (Marta Speroni),
portugaise, avec la Reine de Lisbonne (Valentine Torrea), espagnole, avec
la Reine de Madrid (Concepcion Ledesma) ainsi que, de Suisse, Mademoiselle
Hermance Taverney, Palès, déesse du Printemps de la Fête des Vignerons de
Vevey 1905.
En 1909, le Carnaval de Paris reçoit pour la Mi-Carême une délégation
belge avec à sa tête les Reines d'Ostende : Mesdemoiselles
Magda Asaert, reine d'Ostende, Florine Surveillant, reine de l'Industrie
balnéaire et Hélène Fermote, reine de la Pêche.
En 1910, une délégation de Prague vient à Paris. A sa tête, la très
belle Reine Tchèque, Ruzena Brazova.
En 1911, nouvelle délégation tchèque avec, à sa tête, les Reines des
fleurs de Prague : Bozena Skoupova (élue à Paris Reine des Reines de
Fleurs), Anetta Horova et Helena Sykorova (une quatrième reine,
Mademoiselle Lausmannova, partie pour Paris, malade, rebroussa chemin
avant d'arriver).
En 1910 et 1911, la foule parisienne acclame en Tchèque les reines
étrangères. Elle crie "Nazdar !" salut des Sokols (les
Faucons), sociétés patriotiques tchèques existant à l'époque (les
Tchèques font alors partie de l'Empire Austro-Hongrois).
En 1914, une délégation piémontaise vient à Paris pour la seconde fois,
avec à sa tête la petite Reine palatine 1914 : Adélaïde Revelli.
Durant cette période, les Reines parisiennes de la Mi-Carême
- conduisant des délégations - visitèrent Prague, Pilsen, San Sebastian,
Londres, Naples... Après la reprise du Carnaval de
Paris en 1919, les échanges internationaux ne reprirent pas, exceptée
la venue très appréciée, pour la mi-carème 1926, d'un ensemble de 153
musiciens belges : le Soutien de Saint-Gilles.
Durant les 45 ans d'interruption des cortèges traditionnels du Carnaval
de Paris, depuis 1952 jusqu'à 1998, eut lieu un spectacle de rue et sur la
Seine en l'honneur des Carnaval : "La Fête de l'été".
Manifestation organisée en juin 1977, notamment par la chaîne de radio
privée Europe I, et la Mairie de Paris. Très réussie, baptisée aussi
"Carnaval des Carnavals" elle attira un million de Parisiens.
Cet évènement connaîtra une participation belge (les Gilles marchiennois),
espagnole (la reine du Carnaval de Valence), allemande (de Mayence),
colombienne et brésilienne (l'école de Samba Beija Flor).
Presque dès le début des efforts entrepris pour la renaissance du
Carnaval de Paris, en 1993, des démarches furent faites et des contacts
établis hors de France pour la reprise de sa belle tradition festive
internationale.
En 2005, ces efforts aboutirent, avec la venue d'Italiens commémorant
le centenaire de la participation de l'Italie, au Carnaval de Paris 1905.
Nous allons continuer !!